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Les convulsions fébriles

 

 


Impressionnantes certes, mais bénignes !

 

 

 

Toutes les crises convulsives ne sont pas des crises d’épilepsie. Les convulsions fébriles (C.F.) ou crises convulsives hyperthermiques sont une hyperstimulation neuronale en lien avec une immaturité cérébrale. En effet, les neurones de l'enfant avant l’âge de 5 ans sont plus sensibles aux stimuli physiologiques et leur immaturité peut favoriser la survenue de décharges électriques synchrones dans le cerveau.

Ces crises concernent 2 à 5 % des enfants de moins de 5 ans et sont la cause la plus fréquente de crise convulsive chez l’enfant. Elles concernent les enfants de 6 mois à 5 ans avec un pic autour de 18 mois.

Une crise convulsive hyperthermique simple se définit par la survenue de convulsions tonico-cloniques généralisées dans un contexte de fièvre (> 38°C), durant moins de 15 minutes et moins d’une fois par 24h, chez un enfant entre 1 et 5 ans, sans antécédent neurologique et avec un examen neurologique normal après l’arrêt de la crise
 

Toute crise convulsive ne répondant pas strictement et complètement à l'ensemble des critères doit faire l'objet d'un bilan approfondi dans un service d'urgence.  

Chez un enfant répondant aux critères cliniques d’une convulsion fébrile simple, il est essentiel de rassurer les parents, souvent très inquiets. Les convulsions fébriles simples ne causent aucun dommage cérébral durable et ne prédisposent pas au développement d’une épilepsie ultérieure. Cependant, un enfant ayant présenté un épisode de convulsion fébrile simple aurait un risque accru de récidive (jusqu’à 35 %).

Les crises convulsives hyperthermiques sont causées par un orage cytokinique, une réponse inflammatoire organique à l’infection. C’est pourquoi il est important de préciser qu'il n'existe aucune corrélation entre l’intensité de la fièvre et le risque de survenue d’une crise convulsive. Une fièvre élevée (par exemple, 40°C) n’est pas plus à risque qu’une fièvre modérée (ex. 38,1°C). En effet, il n’existe aucune corrélation entre l’intensité de la fièvre et la quantité de cytokines produites.

Bien que ces mécanismes soient partiellement élucidés, les raisons pour lesquelles certains enfants développent des crises dans des conditions similaires restent mal comprises, probablement en raison de facteurs génétiques et neurologiques spécifiques.

Les convulsions fébriles simples chez l'enfant ne nécessitent ni prise en charge spécifique, ni surveillance médicale, ni examens complémentaires systématiques. Un transfert vers un service d'urgence n'est habituellement pas recommandé. 

Dans le cadre de cette réponse physiologique excessive, et en l'absence de signes d'alerte, un enfant peut être surveillé à domicile après un avis médical téléphonique auprès du centre 15. 

En revanche, un transport de l'enfant vers une strucutre hospitalière sera envisagée devant les signes d'alerte suivants :

  • Les crises convulsives chez l'enfant de moins d'1 an ou de plus de 5 ans
  • La crise convulsive dure plus de 15 minutes
  • L'enfant a fait plusieurs épisodes de crise convulsive en moins de 24 heures
  • L'enfant présente un déficit neurologique après les convulsions
  • Une pathologie neurologique était connue chez l'enfant qui a convulsé
  • Tout autre signe de gravité que le médecin  aura repéré à la suite de l'entretien téléphonique

 

Lorsque l'enfant est laissé à domicile ou avant le retour à domicile suite à une consultation, il est essentiel d'informer les parents sur les mesures de surveillance à adopter et sur la conduite à tenir en cas de récidive.

 

 

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Les points clés

  Les convulsions fébriles simples chez l’enfant ne sont pas une épilepsie et ne causent pas de dommages cérébraux

 Les convulsions fébriles ne sont pas corrélées à l'intensité de la fièvre, une température modérée pouvant être tout aussi susceptible de déclencher une crise qu'une forte fièvre

En l'absence de signes d'alerte, les convulsions fébriles simples peuvent être surveillées à domicile après un avis médical, sans nécessité d'examens complémentaires ou de transfert aux urgences

 

 

 

 

 

Les sources de l’article
https://www.msdmanuals.com
https://www.chusj.org
https://www.ameli.fr

 

Les sources de l'image :
https://www.doctissimo.fr

Date de dernière mise à jour : 06/03/2025

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