La schizophrénie est un trouble psychiatrique complexe appartenant à la catégorie des psychoses, caractérisée par des perturbations profondes de la pensée, de l'affectivité, et de la perception de la réalité. Il s'agit d'une pathologie chronique qui touche environ 0,7 % de la population mondiale, soit environ 23 millions de personnes. Les premiers symptômes apparaissent généralement à l'adolescence ou au début de l'âge adulte, avec un pic d'incidence autour de 18 à 30 ans. La période adolescente est particulièrement vulnérable à l'apparition de symptômes schizophréniques, en raison de facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux, y compris les premières expositions aux substances psychoactives, ce qui peut aggraver ou précipiter l'apparition des troubles. En effet, de nombreuses études pointent que la consommation de cannabis avant 15 ans présente un risque multiplié par 3,1 d’entrée dans la schizophrénie et une consommation importante (> 50 fois /an) conduit à un risque de schizophrénie multiplié par 7.
Diagnostic
Le diagnostic de schizophrénie est basé sur des critères diagnostiques précis (DSM-V ou CIM-10), prenant en compte les symptômes cliniques caractéristiques et l'absence d'autres pathologies différentielles. Il se fait généralement après un ou plusieurs épisodes psychotiques aigus, qui peuvent être perçus comme des bouffées délirantes aiguës. Le premier épisode psychotique ne conduit pas à un diagnostic de schizophrénie. Ce diagnostic est posé après un suivi et une observation des symptômes récurrents ou persistants.
Les principaux critères diagnostiques incluent :
- Une altération de la perception de la réalité, comme des hallucinations (auditives, visuelles, olfactives, gustatives) ou des pensées délirantes
- Une désorganisation cognitive, affective et comportementale, souvent accompagnée de troubles de la pensée, comme des incohérences et des idées illogiques
- L'exclusion d'autres pathologies psychiatriques ou médicales pouvant expliquer les symptômes.
Symptômes :
La schizophrénie présente généralement trois types de symptômes :
- + Les symptômes positifs : Ces symptômes correspondent à une "augmentation" de la perception ou de la pensée, incluant les hallucinations (auditives, visuelles, olfactives, etc.) et les idées délirantes (perceptions déformées de la réalité, paranoïa, mégalomanie).
- - Les symptômes négatifs : Ces symptômes sont caractérisés par une diminution ou une perte de certaines fonctions mentales et sociales. Ils incluent l'apathie, le retrait social, la réduction de l'expression émotionnelle, la pauvreté du langage, et une faible motivation à s'engager dans des activités sociales ou quotidiennes. Ces symptômes peuvent également entraîner une dégradation des capacités fonctionnelles, souvent confondus avec une dépression.
- ≠ Les symptômes cognitifs : Ils incluent des troubles de la mémoire, de l’attention, de la planification et de l'organisation. Les déficits cognitifs peuvent affecter de manière significative l'autonomie du patient et sa capacité à mener une vie quotidienne normale.
Gestion des crises et prise en charge
La prise en charge de la schizophrénie repose sur une approche multidimensionnelle qui inclut :
- La gestion des crises aiguës : Lorsque les symptômes sont sévères et entraînent une agitation psychomotrice, une intervention immédiate peut être nécessaire, souvent dans un cadre d'urgence. Ce traitement peut inclure l'administration de médicaments sédatifs, tels queles benzodiazépines, et dans les cas les plus graves, la contention physique, qui doit être considérée comme une mesure de dernier recours et toujours encadrée par des protocoles de sécurité stricts.
- Le traitement de fond : Le traitement pharmacologique de la schizophrénie repose principalement sur les antipsychotiques (de première ou de deuxième génération). Ces médicaments sont utilisés pour contrôler les symptômes positifs (hallucinations, délires) et prévenir les rechutes. Les antipsychotiques atypiques (Olanzapine, Rispéridone, Aripiprazole) sont généralement préférés en raison de leur profil de sécurité plus favorable.
- L’étayage psychosocial : En complément du traitement médicamenteux, un soutien psychosocial est essentiel pour aider le patient à mieux comprendre son trouble, à gérer les stress sociaux et environnementaux, et à maintenir ses activités quotidiennes. Cela inclut une psychothérapie, l’accompagnement dans les tâches quotidiennes, ainsi que des interventions familiales et communautaires pour renforcer le réseau de soutien.
Le trouble dissociatif de l’identité
Dans le trouble dissociatif de l’identité, autrefois appelé trouble de personnalité multiple, deux ou plusieurs identités prennent tour à tour le contrôle d’une même personne. Ces identités peuvent avoir des schémas de langage, de tempérament et de comportement différents de ceux normalement associés à la personne.
Le trouble dissociatif de l’identité survient généralement chez des personnes qui ont connu un stress ou un traumatisme intense au cours de l’enfance.
Ce trouble a été parfois confondu avec la schizophrénie de par sa forme dite « avec possession » mais diffère sur plusieurs points :
- Dans la forme avec possession, les différentes identités de la personne semblent être des agents extérieurs qui prennent le contrôle de la personne. Ces agents extérieurs peuvent être décrits comme des êtres ou esprits surnaturels (souvent un démon ou un dieu, qui peut exiger une punition pour des actions passées), mais parfois il s’agit d’une autre personne (souvent une personne décédée, parfois de manière spectaculaire). Dans tous les cas, la personne parle et agit très différemment de la façon dont elle le fait normalement. De ce fait, les différentes identités sont évidentes pour les autres. En plus d’entendre des voix d’autres identités, la personne peut être sujette à d’autres types d’hallucinations (visuelles, tactiles, olfactives, ou gustatives). Les hallucinations peuvent survenir dans le contexte d’un flashback. De ce fait, le trouble dissociatif de l’identité peut être diagnostiqué à tort comme un trouble psychotique, tel que la schizophrénie. Cependant, ces symptômes hallucinatoires diffèrent des hallucinations caractéristiques des troubles psychotiques. Les personnes atteintes de trouble dissociatif de l’identité vivent ces symptômes comme venant d’un alter ego, à l’intérieur de leur tête. Par exemple, elles peuvent avoir l’impression que quelqu’un d’autre veut pleurer en utilisant leurs yeux. Les schizophrènes pensent, en général, que la source est extérieure, en dehors d’eux-mêmes (voix extérieures qui ordonnent de faire des actions sans réel sentiment de prise de possession de leur corps).
- Souvent, les personnes atteintes de trouble dissociatif de l’identité tentent de dissimuler ou de minimiser leurs symptômes et l’effet qu’ils ont sur les autres, ce qu’un patient schizophrénique ne peut pas faire.
- Le trouble dissociatif de l’identité est chronique et potentiellement invalidant, bien que de nombreuses personnes fonctionnent très bien et mènent une vie créative et productive. La schizophrénie est habituellement envahissante et limite la possibilité d’une vie productive sans soins de soutien.