L'évaluation de la douleur reste un défi clinique majeur en raison de sa subjectivité. Bien qu'il existe des outils standards pour mesurer certains aspects de la douleur (comme les échelles visuelles analogiques ou les échelles numérotées), il n'existe pas de méthode universelle parfaitement fiable.
Bien que la douleur déclenche des réactions objectivables (le système nerveux sympathique prépare à l’attaque ou à la fuite), son évaluation par un tiers reste subjective. Seul le patient peut estimer l’intensité de sa propre douleur en la comparant avec le souvenir de douleurs antérieures, et même cela demeure peu fiable et très subjectif.
Déterminer l’intensité réelle d’une douleur n’est pas possible. Toutefois, grâce à l’utilisation d’échelles existantes, il est possible de suivre l’évolution de cette douleur chez un patient donné après un acte soignant afin d’en évaluer son effet antalgique. Les échelles d’évaluation de la douleur ne sont donc réellement performantes que dans l’analyse dynamique de l’évolution d’une douleur, grâce à la répétition des mesures.
La douleur est une réponse physiopathologique complexe qui peut être aiguë ou chronique, et qui se compose de multiples dimensions biologiques, émotionnelles, cognitives et comportementales. Sa gestion optimale repose sur une évaluation rigoureuse de ces différentes composantes. Bien que de nombreux outils thérapeutiques, pharmacologiques et non pharmacologiques, soient disponibles, la gestion de la douleur demeure un domaine en constante évolution. L’amélioration de la compréhension des mécanismes sous-jacents et le développement de stratégies thérapeutiques multimodales sont essentiels pour améliorer la prise en charge de la douleur chez les patients.