VIGN_047

 

Le syndrome de suspension/du harnais

 

 

On est pas toujours en sécurité dans un baudrier

 

 

 

Les pratiquants de sports et travaux en hauteur, tels que les alpinistes, les cordistes, ou les amateurs de parapente, utilisent un baudrier pour assurer leur sécurité. Le baudrier, conçu pour prévenir les chutes, est constitué de sangles entourant les cuisses et reliées à une ceinture lombaire, et dans certains modèles, des sangles supplémentaires pour les épaules. Bien que cet équipement réduise considérablement le risque de chutes graves, il peut provoquer un phénomène pathologique spécifique connu sous le nom de syndrome de suspension ou syndrome du harnais.

Historiquement, ce syndrome a été documenté depuis les années 1970 dans un contexte militaire. Des études rétrospectives, telles que celles menées en 1972 sur les décès de 137 alpinistes entre 1957 et 1968, ont révélé qu’une proportion des victimes décédées en suspension présentaient des signes de lésions tissulaires ischémiques au niveau du cœur et du foie, suggérant un mécanisme pathologique distinct des traumatismes liés aux chutes.

Prog 50

Le syndrome de suspension est déclenché par une position de suspension prolongée dans le harnais, souvent en position verticale et sans mouvement des membres inférieurs. Cette position entraîne une stase sanguine veineuse dans les jambes, une hypotension sévère et des troubles circulatoires, comparables à ceux observés dans le syndrome des loges (comme celui de la complication de l’immobilisation plâtrée). Cliniquement, les signes d’un syndrome de suspension comprennent vertiges, nausées, oppression thoracique et malaise, et peuvent évoluer rapidement vers la perte de conscience.

La prise en charge immédiate est cruciale et consiste à décrocher rapidement la victime suspendue pour éviter des complications graves, notamment un syndrome de défaillance multi-viscérale. Une fois au sol, il est essentiel d’évaluer les fonctions vitales de la victime en suivant les protocoles de secourisme standard (vérification de la respiration, mise en position latérale de sécurité ou réalisation de la réanimation cardio-pulmonaire si nécessaire). Dans les situations critiques, une hospitalisation urgente est recommandée, idéalement en respectant la Golden Hour, pour optimiser les chances de récupération. Dans certains cas, une hémodialyse peut être envisagée en cas d’atteinte rénale aiguë, secondaire aux mécanismes ischémiques et rhabdomyolytiques associés à la suspension prolongée.

Prog 100 3

 

 

Les points clés

 La suspension verticale sans mouvement des membres inférieurs, appelé syndrome du harnais, peut être rapidement mortelle

 La stase veineuse et l’ischémie provoquée sont à l’origine d’un équivalent de syndrome des loges

 La thérapeutique d’urgences consiste à décrocher la victime pour l’allonger au sol

 

 

 

 

 

Les sources de l'article :
https://www.matieres.fr
http://comed.ffspeleo.fr

 

 

Source image :
ttps://fr.linkedin.com

Date de dernière mise à jour : 28/03/2025

Questions / Réponses

Aucune question. Soyez le premier à poser une question.
Anti-spam