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Le syndrome de second impact

 

 

Parfois, il ne faut pas avoir la tête dure...

 

 

 

Les situations à risque de provoquer un traumatisme crânien sont nombreuses, que ce soit en raison d'un accident de travail, d'une chute, ou dans le cadre d'activités sportives. Lorsqu'un traumatisme impacte la tête, le visage ou la région cervicale, il peut entraîner des lésions cérébrales. Dans le domaine sportif, on utilise souvent le terme de commotion cérébrale, tandis que le milieu médical privilégie le terme traumatisme crânien (T.C.), qui englobe une gamme plus large de blessures, allant des commotions cérébrales aux lésions plus graves comme les fractures et les hématomes.

 

Les agressions cérébrales peuvent entraîner des lésions directes, notamment des lésions vasculaires responsables de saignements, ce qui peut conduire à la formation d'hématomes (par exemple, hématomes sous-duraux, extra-duraux…). Ces lésions peuvent être accompagnées de complications fonctionnelles, telles que l’œdème cérébral, qui provoque une augmentation de la pression intracrânienne, perturbant ainsi la perfusion cérébrale. Par ailleurs, un déséquilibre neurométabolique, se manifestant par des modifications chimiques et énergétiques au niveau des cellules cérébrales, altère le fonctionnement normal du cerveau. Les mécanismes impliqués incluent :

  • Un déséquilibre métabolique neuronal, entraînant une consommation accrue de glucose et une oxygénation défectueuse des cellules neuronales.
  • Une surexcitabilité neuronale, favorisant des décharges neuronales anormales.
  • Un déséquilibre chimique intracérébral, avec une entrée excessive de calcium dans les cellules, ce qui peut conduire à des phénomènes de toxicité intracellulaire.

Des lésions axonales diffuses, avec des microdéchirures des fibres nerveuses reliant différentes régions cérébrales.

En complément des lésions primaires, des lésions cérébrales secondaires (A.C.S.O.S.) peuvent survenir, induites par des facteurs systémiques comme l'hypoxie ou l'hypotension peuvent aggraver la situation initiale.

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Les symptômes cliniques d'un traumatisme crânien varient d’un patient à l’autre, mais les plus fréquents sont les céphalées et l'asthénie. Une perte de connaissance, une crise convulsive, une amnésie (rétrograde ou antérograde) ou la survenue de (plusieurs épisodes) de  vomissements témoignent d’un traumatisme crânien sévère.

Puisqu'il n'existe pas de corrélation directe entre la présence de symptômes et la gravité de l'événement traumatique, de nombreuses fédérations sportives, telles que celle de rugby, ont adopté des protocoles visant à retirer les athlètes du terrain après chaque commotion afin de limiter les risques de complications graves.

Suite à un traumatisme crânien bénin, une gestion symptomatique adaptée et une surveillance de l’absence d’évolution secondaire sont nécessaires. Dans un cadre sportif, l'athlète doit être immédiatement retiré de la compétition et un repos cérébral strict est recommandé, tant sur le plan physiologique que psychologique, pendant les 48 premières heures, puis une reprise progressive du sport est généralement effectuée entre le 3e et le 14e jour.

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Ces précautions s’expliquent par la survenue, rare mais grave, du syndrome de second impact

En effet, un second traumatisme crânien, même mineur (comme un choc léger pendant un match), survenant avant la guérison complète du premier, peut entraîner ce syndrome. Cette complication, bien que rare, peut être fatale, avec une mortalité pouvant aller jusqu’ à près de 50 %. 

Lors du premier impact, le cerveau subit des modifications biochimiques qui altèrent son fonctionnement normal. Si un second impact se produit avant que ces changements ne se résolvent, la décompensation cérébrale peut entraîner un œdème cérébral massif, une augmentation de la pression intracrânienne et des troubles métaboliques qui dépassent la capacité d'adaptation du cerveau.

Les signes cliniques sont généralement plus marqués : confusion ou amnésie prolongée, perte de conscience, troubles neurologiques progressifs (céphalées intenses, vomissements, troubles de la conscience), coma.

Des recherches sont en cours pour d'explorer les mécanismes physiopathologiques de ce phénomène, ainsi que les stratégies de prise en charge, afin de mieux comprendre et prévenir cette complication particulièrement sévère, encore mal connue dans la pratique des urgences.

 

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Les points clés

 Les traumatismes crâniens, y compris les commotions cérébrales, peuvent provoquer des lésions cérébrales graves, incluant des hématomes et des déséquilibres neurométaboliques.

 La gestion des traumatismes crâniens bénins requiert un suivi rigoureux, avec un repos cérébral strict pour prévenir des complications graves tel que le syndrome de second impact.

Le syndrome de second impact, rare mais potentiellement fatal, peut survenir lorsqu'un second traumatisme crânien se produit avant la guérison complète du premier

 

 

 

 

 

Les sources  de l'article
https://institutcommotions.com
https://www.ottawahospital.on.ca
https://www.msdmanuals.com

 

 

Les source de l'image :
https://qbi.uq.edu.au

Date de dernière mise à jour : 02/04/2025

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