L'utilisation des médicaments à risques nécessite une vigilance constante et des précautions strictes pour minimiser les erreurs médicamenteuses. Manipuler des médicaments nécessite une expertise et une rigueur, en particulier en situation d'urgence ou pédiatrique, où le facteur temps et les spécificités de dosage rendent le risque d'erreur important.
L'objectif fondamental, inscrit dans les bonnes pratiques de soins infirmiers, repose sur la règle des "5 B" : administrer le Bon médicament au Bon patient, au Bon dosage, par la Bonne voie et au Bon moment. Même si chaque étape nécessite un contrôle strict, les erreurs surviennent principalement au niveau de deux des cinq critères : le bon médicament et le bon dosage.
Le bon médicament : Les risques d’erreurs proviennent de la confusion entre les noms commerciaux, les visuels des médicaments et les dénominations communes internationales (D.C.I.). L’expérience des professionnels de santé atténue ces risques, mais une fois les médicaments prélevés et stockés en seringues, leur apparence similaire (par exemple, des liquides transparents) peut rendre difficile leur identification. Bien que certaines substances, comme le Propofol, soient facilement reconnaissables, il est crucial que l’étiquetage des seringues soit systématiquement effectué pour éviter toute confusion, surtout en cas de dilution.
Dans certaines situations pré-hospitalières, le degré d’urgence empêche de travailler dans les conditions d’organisation habituelles. Pour limiter le risque d’erreur, certains S.M.U.R. ont mis en place des protocoles visant à standardiser visuellement les méthodes de préparation en uniformisant les seringues utilisées pour les reconstitutions ou dilutions. Par exemple :
- Pour les antalgiques : le midazolam intraveineux était préparé exclusivement dans des seringues de 5 mL, la morphine intraveineuse dans des seringues de 10 ml, et la kétamine dans des seringues de 20 mL.
- Pour les intubations en séquence rapide ou en cas d’arrêt cardiaque respiratoire (A.C.R.) : l'adrénaline était préparée dans des seringues de 5 mL, le curare dans des seringues de 10 mL, et la kétamine ou l’étomidate dans des seringues de 20 mL.
Bien que l'étiquetage des médicaments reste une pratique essentielle, l'utilisation de contenants standardisés offre une sécurité supplémentaire dans les situations d'urgence, surtout si le degré d’urgence impose que l’administration du médicament se fasse par une autre personne que celle qui l’a préparée.