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Les types de toux

 

 

Avec nous, vous saurez tout sur (la) toux

 

 

 

L’appareil respiratoire est essentiel pour les échanges gazeux entre notre organisme et l’extérieur. Il assure l'apport en oxygène et l’élimination du dioxyde de carbone via les voies aériennes, c’est ce qu’on appelle l’hématose.

Les voies aériennes supérieures comprennent les fosses nasales, le pharynx et le larynx. Elles ont plusieurs rôles : filtrer, réchauffer et humidifier l’air que l’on inspire, tout en participant à des fonctions comme la phonation et la déglutition.

Les voies respiratoires inférieures, quant à elles, regroupent la trachée, les bronches et les bronchioles. Elles acheminent l’air jusqu’aux alvéoles pulmonaires, où se déroulent les échanges gazeux.

Ces voies aériennes déclenchent un réflexe bien connu : la toux. Ce mécanisme naturel permet d’évacuer les sécrétions. Cependant, il existe plusieurs types de toux, chacun correspondant à des atteintes spécifiques des voies respiratoires.

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Toux ou éternuement ?

La toux et l’éternuement sont deux réflexes de défense essentiels de notre corps, mais ils ont des mécanismes et des objectifs bien distincts.

 

L'éternuementIl est déclenché par une irritation de la muqueuse nasale, souvent due à des poussières, allergènes ou virus. L’objectif principal de l’éternuement est d'éliminer ces irritants du nez. Il est activé par des récepteurs situés au niveau de la muqueuse nasale et permet l’évacuation de l’air principalement par le nez. Petit fait amusant : la principale différence visuelle entre la toux et l’éternuement est que l’éternuement provoque une fermeture réflexe des paupières, alors que la toux n’a pas cet effet. Ce phénomène, encore mal compris, est dû à une interaction entre deux nerfs crâniens : le nerf trijumeau (V), responsable de l’éternuement, et le nerf facial (VII), qui contrôle la fermeture des paupières.

 

La touxC’est un mécanisme réflexe de défense des voies respiratoires inférieures (sous-glottiques) permettant d’expulser des substances indésirables ou des corps étrangers. Ce réflexe est déclenché lorsque des récepteurs situés dans les voies respiratoires détectent une intrusion. Le signal est ensuite transmis au nerf vague (X), qui le conduit au centre de la toux dans le bulbe rachidien.

Le réflexe de toux se déroule en trois étapes bien distinctes :

  1. Phase inspiratoire : Une inspiration profonde qui augmente le volume d’air dans les poumons.
  2. Phase compressive : La glotte se ferme et les muscles expiratoires (abdominaux, intercostaux) se contractent, générant une pression intrathoracique élevée.
  3. Phase expiratoire explosive : L’ouverture soudaine de la glotte permet l’expulsion rapide de l’air à grande vitesse (jusqu’à 250 m/s, soit 900 km/h !), projetant ainsi les particules irritantes sur plusieurs mètres (jusqu’à 8 mètres).
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Réflexe de toux et état de conscience

Le réflexe de toux est automatique et ne dépend pas de la conscience. Il se produit chez les personnes normalement éveillées, mais aussi chez celles qui dorment ou qui présentent une altération de l’état de conscience (score de Glasgow > 8), à condition qu'elles réagissent encore aux stimulations. En revanche, en cas de coma profond (score de Glasgow < 8), ce réflexe devient inopérant, augmentant ainsi le risque d'inhalation bronchique et de pneumopathie d’inhalation.

Ainsi, la toux joue un rôle crucial dans notre défense contre les agents pathogènes, et son bon fonctionnement est essentiel à la protection des voies respiratoires.

 


Il existe deux grandes familles de toux

La toux peut être classée en deux types : productive (ou grasse) et sèche. Ces deux formes de toux ont des fonctions distinctes et nécessitent des traitements différents.
 

La toux productiveUne toux productive est un réflexe naturel qui doit absolument être respecté. Elle a un rôle protecteur essentiel : elle permet d’éliminer les sécrétions et les agents pathogènes des voies respiratoires, limitant ainsi la prolifération des microbes. En contribuant à évacuer ces agents, la toux productive aide à réduire la sévérité de l’infection et favorise une meilleure tolérance et guérison. Il est donc important de ne pas chercher à inhiber cette toux mais plutôt traiter l’étiologie.

 

La toux sèche : La toux sèche (ou irritative) résulte de la stimulation des récepteurs de la toux par une inflammation. Elle peut avoir plusieurs causes, telles que l’asthme (inflammation chronique des bronches), le reflux gastro-œsophagien (R.G.O.), où l’acidité de l’estomac irrite le larynx, l’inflammation bronchique cicatricielle, souvent après une infection respiratoire, notamment chez les patients fumeurs.

Le traitement de la toux sèche repose avant tout sur la prise en charge de sa cause sous-jacente, comme le traitement de l’asthme ou du reflux gastro-oesophagien.

En cas d’inflammation post infectieuse (le cas le plus commun), cette toux nécessite surtout de la patience, car elle peut persister même après la guérison de l'infection initiale (10-14 jours chez le sujet sain, 21-30 j chez le patient fumeur). Malgré les demandes des patients, il est généralement peu utile de traiter cette toux avec des antitussifs.

La toux ne sera traitée activement que si : 

  1. L’origine de la toux reste indéterminée après une évaluation complète ;
  2. L’étiologie de la toux est déterminée mais le traitement spécifique n’est pas encore efficace (par exemple : Inhibiteurs de la pompe à protons initié pour une toux sur reflux gastro-œsophagien) ;
  3. L’étiologie de la toux est connue mais elle ne répond pas à un traitement spécifique (par exemple : fibrose pulmonaire, tumeur).
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Un réflexe égoïste utilisé par les pathogènes 

Lors d’une infection respiratoire, l’organisme réagit en augmentant la production de mucus pour piéger et éliminer les agents infectieux. Les voies respiratoires, tapissées de récepteurs sensibles à l’irritation, notamment dans le larynx, la trachée et les bronches, sont stimulées par l’inflammation et la présence de mucus. Cela déclenche un message nerveux qui est transmis au cerveau, activant ainsi le réflexe de toux.

Ce réflexe permet d’expulser les sécrétions jusqu’à 8 mètres, ce qui facilite la propagation des pathogènes en projetant des particules fines susceptibles d’être inhalées par d'autres individus. C'est ainsi qu'une personne infectée peut transmettre l'infection à un nouvel hôte.

Bien que le réflexe de toux soit difficile à inhiber volontairement, certains gestes barrières aident à limiter la propagation des infections. Voici les plus efficaces :

  • Tousser dans le coude plutôt que dans la main, afin d’éviter de propager les germes en touchant des surfaces comme votre téléphone ou des patients.
  • Utiliser régulièrement du gel hydroalcoolique pour désinfecter vos mains.
  • Porter un masque lorsque vous êtes en contact avec des patients toussant, afin de limiter votre propre risque de contamination.

Par ailleurs, des mesures comme la vaccination du personnel soignant (Grippe, Covid, Coqueluche,…) sont également proposées pour réduire la transmission des infections.

Être soignant, c’est avant tout ne pas devenir un vecteur de contagion. Chaque geste compte pour protéger soi-même et les autres.

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Les points clés

 La toux est un mécanisme réflexe protecteur des voies respiratoires, éliminant les substances indésirables, tandis que l’éternuement sert à expulser les irritants du nez

La toux, en tant que mécanisme de protection, ne doit pas être inhibée. Il faut il faut traiter la cause.

 

 

 

 

 

Les sources de l'article
https://cep.splf.fr
https://www.revmed.ch

 

 

Les sources de l'image :
https://www.leparisien.fr

Date de dernière mise à jour : 11/03/2025

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