Réflexe de toux et état de conscience
Le réflexe de toux est automatique et ne dépend pas de la conscience. Il se produit chez les personnes normalement éveillées, mais aussi chez celles qui dorment ou qui présentent une altération de l’état de conscience (score de Glasgow > 8), à condition qu'elles réagissent encore aux stimulations. En revanche, en cas de coma profond (score de Glasgow < 8), ce réflexe devient inopérant, augmentant ainsi le risque d'inhalation bronchique et de pneumopathie d’inhalation.
Ainsi, la toux joue un rôle crucial dans notre défense contre les agents pathogènes, et son bon fonctionnement est essentiel à la protection des voies respiratoires.
Il existe deux grandes familles de toux
La toux peut être classée en deux types : productive (ou grasse) et sèche. Ces deux formes de toux ont des fonctions distinctes et nécessitent des traitements différents.
La toux productive : Une toux productive est un réflexe naturel qui doit absolument être respecté. Elle a un rôle protecteur essentiel : elle permet d’éliminer les sécrétions et les agents pathogènes des voies respiratoires, limitant ainsi la prolifération des microbes. En contribuant à évacuer ces agents, la toux productive aide à réduire la sévérité de l’infection et favorise une meilleure tolérance et guérison. Il est donc important de ne pas chercher à inhiber cette toux mais plutôt traiter l’étiologie.
La toux sèche : La toux sèche (ou irritative) résulte de la stimulation des récepteurs de la toux par une inflammation. Elle peut avoir plusieurs causes, telles que l’asthme (inflammation chronique des bronches), le reflux gastro-œsophagien (R.G.O.), où l’acidité de l’estomac irrite le larynx, l’inflammation bronchique cicatricielle, souvent après une infection respiratoire, notamment chez les patients fumeurs.
Le traitement de la toux sèche repose avant tout sur la prise en charge de sa cause sous-jacente, comme le traitement de l’asthme ou du reflux gastro-oesophagien.
En cas d’inflammation post infectieuse (le cas le plus commun), cette toux nécessite surtout de la patience, car elle peut persister même après la guérison de l'infection initiale (10-14 jours chez le sujet sain, 21-30 j chez le patient fumeur). Malgré les demandes des patients, il est généralement peu utile de traiter cette toux avec des antitussifs.
La toux ne sera traitée activement que si :
- L’origine de la toux reste indéterminée après une évaluation complète ;
- L’étiologie de la toux est déterminée mais le traitement spécifique n’est pas encore efficace (par exemple : Inhibiteurs de la pompe à protons initié pour une toux sur reflux gastro-œsophagien) ;
- L’étiologie de la toux est connue mais elle ne répond pas à un traitement spécifique (par exemple : fibrose pulmonaire, tumeur).