Cliniquement, il existe plusieurs manières de mesurer le niveau d’oxygénation des patients :
- Mesure non invasive :
- Mesures invasives :
- La SaO2 (Saturation Artérielle en Oxygène) : représente le pourcentage d’oxygène contenu dans le sang artériel
- La PaO2 (Pression Artérielle en Oxygène) : elle représente la proportion de pression exercée par l’oxygène, en fonction de sa concentration, par rapport à la pression totale et s’interprète toujours en rapport avec la FiO2
La FiO2 (Fraction Inspirée en Oxygène) correspond au pourcentage d’air inspiré. Elle est de 21 % en air ambiant et varie en fonction de la méthode d’oxygénothérapie utilisée pour être augmentée jusqu’ à 100 %.
En cas d’hypoxémie, l’administration d’oxygène est nécessaire et bénéfique, mais une administration trop prolongée peut mener à une hyperoxie et à des effets secondaires délétères par divers mécanismes, sur différents systèmes :
- Système pulmonaire : diminution de la production de surfactant entrainant une atélectasie d’absorption (sorte de poche d’air venant gêner l’oxygénation des vaisseaux dans les bronchioles)
- Système cardio-vasculaire : hausse des résistances systémiques, hausse du travail cardiaque puis diminution du débit cardiaque, vasoconstriction coronarienne
- Système neurologique : diminution de la perfusion cérébrale lié à une vasoconstriction
- Système métabolique : perte d’affinité de l’hémoglobine pour le CO2 lors de l’augmentation de la PaO2 (effet Haldane), dysfonctionnement mitochondriale)
- Système néphro-urinaire : diminution de la perfusion rénale par vasoconstriction
- Autres : toxicité par hausse de la production de radicaux libres (acidose), retard de détection d’une aggravation de l’état de santé
Depuis quelques années, les effets toxiques vasculaires de l’oxygène ont été étudiés et démontrés. De manières paradoxale, l’oxygénothérapie peut augmenter le stress hypoxique en générant une vasoconstriction coronarienne et cérébrale (diminution de 11 à 33 % du débit sanguin cardiaque chez l’adulte sain en cas d’hyperoxie).
Il est également démontré que chez les patients souffrants d’obésité, une hypoxémie a été constatée à l’oxymétrie de pouls, qui pourrait mener à une administration d’oxygène, alors que celle-ci peut être lié à un syndrome d’hypoventilation lié à l’obésité. L’administration d’oxygène, comme chez le patient B.P.C.O. pourra alors conduire à une hypercapnie ou à une aggravation de celle-ci si elle est existante.