Le choix d’un cathéter périphérique et de sa taille doit être le fruit d’une réflexion qui comme souvent dans le soin, résulte d’un rapport bénéfices/risques :
- La taille doit être adaptée au patient : il y’a des tailles pédiatriques (du petit au grand enfant) et des tailles adultes
- Du degré d’urgence : faut-il administrer une grande quantité de liquide en peu de temps ?
- De la situation de soins : faut-il transfuser ? passer du produit de contraste ?
- De l’état de santé du patient : le réseau veineux est difficilement abordable chez une personne âgée, déshydratée ou obèse ou encore en arrêt cardio-respiratoire depuis longtemps
- L’opérateur parvient-il à sentir une veine de calibre suffisant ? La personne est-elle compliante aux soins ? (Certaines pose de cathéter pédiatriques sont parfois un véritable combat de judo)
- Les conditions de pose sont-elles optimales ? Si une installation correcte favorise la réussite, c’est parfois compliqué de poser sa voie dans une voiture sur le côté ou dans un espace réduit, de nuit sous la pluie…
Une chose est sûre, un petit cathéter qui passe est toujours plus utile qu’un gros cathéter qui ne passe pas ! D’ailleurs, quand on regarde les débits, il suffit de regarder les différentes caractéristiques pour faire le meilleur choix. Mieux : deux cathéters d’une même couleur ont un débit cumulé supérieur (ou égal uniquement pour le 18 G) à celui du calibre supérieur. Stratégiquement, il sera alors plus intéressant de poser une première voie pour débuter la prise en charge, avant d’en poser une seconde dans de meilleures conditions (plus de temps, avec un remplissage débuté…) En plus, un cathéter de gros calibre est généralement plus long, ce qui peut poser un autre problème de pose.
Mais l’opérateur doit tenir compte de toutes les caractéristiques. Du calibre dépend le débit et du débit dépend le temps nécessaire pour passer une certaine quantité de produit (dans notre image, 1 L de NaCl). Dans bien des situations, la quantité de volume circulant peut vite devenir délétère. Arrêt cardiaque, hémodilution… dans toutes ces situations, où l’on peut penser qu’il est nécessaire de poser un gros calibre, on s’expose alors à une perfusion par excès de produit. Il est donc inutile de perdre du temps et prendre le risque d’un échec pour finalement mettre en place une voie qui pourrait être délétère.
De manière imagée : il est sans intérêt d’économiser une vie pour acheter une Ferrari et rouler en deuxième à chaque fois, tout en s’exposant plus aux excès de vitesse avec ce genre de moteur.
La pose de cathéter périphérique peut être réduit à un geste technique basique et sans intérêt, mais ce serait une erreur. La bonne connaissance du matériel permet de favoriser la réflexion de l’opérateur dans sa pose. L’utilisation pertinente de ce dispositif permet de favoriser la prise en charge du patient. A l’inverse, avant de se perdre dans diverses recommandations ou stratégie de prise en charge, il est important d’optimiser les chances en posant un cathéter de la bonne taille.